Après le mat alu, le pont en contreplaqué moulé sans barrot, les descentes extralarges : transformations initiées par Philippe Harlé et le Chantier Aubin ; après le piano Tancarville et le safran plastique qui offre de bons profils au plus grand nombre, voici venu le jour du Muscadet plastique, re-dessiné par Marc Lombard et construit par le chantier Structures (Pogos). Voilà une nouvelle qui va faire du bruit, explications :

Carène
Une capture d’écran des formes du bateau, au cabinet de Marc Lombard.

Il le veut neuf et construit par Structures...

Si l’histoire du Mumu a commencé, on le sait, en 1963 du côté des Glénans, cette histoire-là commence fin 2005 sous la silhouette muette d’Erdeven, au Salon Nautique. Se sont rassemblés quelques-uns de l’APM : Claude Harlé, Turlututu, Marco, les JP3, les Cartahus, un gars que personne ne connaît, et Christian Bouroullec. Christian est constructeur : c’est lui qui fait les Pogos au chantier Structures de Combrit-Sainte Marine, c’est aussi un ami : il a eu un Muscadet qui répondait au nom d’Askel.

La discussion est animée : le gars qu’on ne connaît pas est un ami de Christian, il est fan de bateau, il veut un Muscadet, il le veut neuf et construit par Structures...
Ça veut dire en plastique et ça pose des problèmes...

Un Muscadet c’est en bois, déjà le safran...

Les classiques et les modernes de reprendre alors l’argumentaire bien connu :

Un Muscadet c’est en bois, déjà le safran c’était limite...

C’est vrai, mais nos bateaux vieillissent, en trouver un en bon état pas cher est une gageure et le temps nécessaire à une remise en état n’est pas donné à tout le monde. Alors, le Muscadet, bateau réservé aux restaurateurs amateurs ? Ce n’était pas l’esprit qui a présidé
à la conception du bateau.

Un chantier de Séné a relancé une fabrication selon le plan de construction Harlé voilà 7/8 ans : hélas, l’économie d’aujourd’hui a eu raison de cet élan.

Les Corsaires,les Requins, les Dragons… ont tous leur version plastique et de nouvelles unités voient le jour, garantissant la jeunesse et le renouvellement de leur flotte...

Et c’est là que Claude déclare :

« Après tout, Philippe a bien fait des bateaux en plastique qui étaient de bons bateaux... ce qu’il faudrait c’est un architecte qui puisse faire passer l’esprit du Muscadet dans un mode de construction différent »

...on aurait dit qu’un troupeau d’anges passait dans le hall 2 ...

Qui a dit Marc Lombard ?

On ne sait plus tant c’est évident : Marc est Rochelais, on l’a déjà vu au National, Claude et lui se connaissent et en plus il est talentueux. Bonduelle et Sill, les Figaros2, les RM (il a même construit en bois !)

Il ne restait plus qu’à contacter Paul Aubin : « bien sûr qu’un Muscadet en plastique ça serait bien . S’il est bien fait ! On a bien fait des roufs en polyester, non ? »

Il semblerait que tout soit dans la qualité de la conception et réalisation...

Marc Lombard architecte naval :

« Avant toute chose, je dois dire l’honneur que représente pour moi d’avoir été choisi par Claude pour poursuivre l’oeuvre de Philippe Harlé.

Nous avons travaillé en étroite collaboration avec le chantier Structures dès le début des études : pour produire une nouvelle version de ce bateau mythique, nous avons été attentifs à préserver le concept original de Philippe Harlé et du chantier Aubin : économie, recours à
la modernité et simplicité. N’oublions pas que l’original a plus de 40 ans, époque à laquelle la construction traditionnelle était la norme.

Les formes développables du bateau permettent une construction partiellement inspirée de la méthode du « Flat panel » développée en son temps par Derek Kelsall pour ses multicoques.

La coque sera construite en sandwich verre/époxy/airex dans un moule femelle. La peau extérieure est réalisée dans le moule par infusion. En parallèle, la peau intérieure avec l’âme du sandwich collée sous vide est sortie à plat sur un marbre. L’ensemble peau intérieure et âme est ensuite collé –toujours sous vide- dans le moule femelle.

L’intérêt de se procédé est –outre les avantages liés à la construction sandwich - d’obtenir une finition intérieure parfaite sans avoir à recourir au contre-moulage.

Le choix de l’époxy est lié à la volonté d’intégrer la structure transversale et les aménagements en contreplaqué qui sont fidèles au Muscadet original, à l’exception du réseau de lisses à 45° qui est supprimé.ainsi que la quille qui est remplacée par une carlingue.

Le pont est réalisé en moule femelle selon la même technique, la liaison pont-coque est traitée par cornière stratifiée, la finition étant confiée au traditionnel liston en bois.

Le devis de poids du bateau est naturellement préservé, ce qui permet des échantillonnages confortables, gages de pérennité.

Je ne vous cache pas qu’une version « performance du bateau est à l’étude, dans le même esprit que le développement qu’on a pu observer dans des séries comme celle du 505. Nous n’en sommes qu’aux prémices de cette réflexion, aussi, hormis le fait qu’un peu d’exotisme
est envisagé, le bore et le carbone haut module deviennent plus abordables, nous ne pouvons vous en dire plus... »
Coupe
Une capture d’écran d’une coupe du plan de structure, au cabinet de Marc Lombard.

Mise à l’eau : Grand Pavois.

Voilà l’histoire.

Le reste n’est que travail entre Marc et Structures, et rêve pour l’ami de Christian.
Les études se terminent, les matrices vont être commencées courant avril, le proto devrait être au Grand Pavois.
Alors l’année prochaine, après Orionis, P’tit léo, Mini Môme, Cartahu3 et Erdeven c’est un petit jeune qui va nous représenter au salon ?